Un onduleur pour NAS doit fournir une autonomie suffisante et déclencher la mise en sécurité du stockage avant que la batterie soit épuisée. Le choix se fait donc sur la puissance, les minutes réellement disponibles, la compatibilité et le scénario d’arrêt. Une batterie branchée, sans communication avec le NAS ou le serveur, ne suffit pas à organiser ce scénario.
Pour une PME à Genève qui conserve ses dossiers sur un NAS ou utilise un logiciel métier sur un serveur local, l’objectif est concret : traverser une courte interruption, puis arrêter proprement les services si le courant ne revient pas. Voici une méthode pour cadrer l’achat, la configuration et les vérifications avec votre prestataire.
Que doit protéger l’onduleur ?
Un onduleur informatique, aussi appelé UPS ou alimentation sans interruption, prend temporairement le relais de l’alimentation secteur. Définissez d’abord les équipements qui doivent rester alimentés et le résultat attendu : poursuivre une tâche quelques minutes ou préserver l’intégrité du stockage pendant son arrêt.
Pensez aux dépendances. Si une commande d’arrêt circule par le réseau, le commutateur concerné doit continuer à fonctionner jusqu’à sa transmission. Si l’objectif inclut l’accès aux services cloud, examinez aussi le routeur et l’équipement de terminaison de la connexion Internet. Leur alimentation locale ne garantit toutefois pas que le réseau de l’opérateur reste disponible.
En Suisse, l’OFAE recommande aux entreprises de préparer les interruptions électriques en identifiant les processus critiques, leurs priorités et les mesures à tester. Pour votre informatique, traduisez cette démarche en une question simple : quels services pouvons-nous interrompre, dans quel ordre et avec quelles conséquences ?
L’onduleur complète la sauvegarde. Il ne crée pas une copie récupérable d’un fichier supprimé et ne remplace pas un test de restauration des données. Un NAS accessible et une sauvegarde exploitable répondent à deux besoins distincts.
Dimensionner la puissance et l’autonomie
Contrôler les watts et les voltampères
Relevez les équipements à alimenter, leur consommation en fonctionnement et les pointes prévisibles. Une mesure sous charge est utile, mais doit être rapprochée des spécifications des appareils : un serveur au repos ne représente pas forcément son comportement pendant un redémarrage ou une activité importante.
Deux limites apparaissent sur un onduleur : les watts (W), correspondant à la puissance active, et les voltampères (VA), à la puissance apparente. Il faut respecter les deux. Une référence annoncée à 1 000 VA ne fournit pas nécessairement 1 000 W. Le guide d’achat Eaton explique ces critères et la nécessité de conserver une réserve de capacité ; vérifiez les valeurs exactes du modèle proposé.
Exemple purement illustratif, sans mesure de matériel client : retenons 60 W pour un NAS, 25 W pour un routeur et sa terminaison Internet, puis 35 W pour un commutateur. Le total est de 120 W. Ce calcul donne une charge de travail hypothétique ; il ne démontre ni la puissance de démarrage, ni la valeur en VA, ni une durée d’autonomie. L’alimentation d’appareils par Ethernet doit également être intégrée au bilan du commutateur.
Choisir les minutes nécessaires à l’arrêt
L’autonomie n’est pas déduite du seul nombre de VA. Comparez la charge retenue aux courbes d’autonomie du fabricant, pour la référence et la configuration de batteries envisagées. Demandez une estimation à votre charge, et pas uniquement la durée maximale commerciale obtenue avec peu d’équipements.
Le temps disponible doit couvrir l’attente avant déclenchement, la durée d’arrêt des services et une réserve. Par exemple, si un exercice fictif mesure trois minutes pour arrêter une application et son serveur, une autonomie estimée à trois minutes serait insuffisante pour y ajouter un délai d’attente. Cet exemple est un raisonnement de dimensionnement, pas une durée recommandée pour tous les NAS.
Évitez de régler l’arrêt au dernier instant. L’autonomie annoncée reste une estimation, qui doit être réévaluée après l’ajout d’un équipement et avec l’évolution des batteries.
Vérifier les connexions et la compatibilité
Avant la commande, faites préciser par écrit les points suivants :
- Référence exacte : modèle de l’onduleur, puissance en W et VA, configuration des batteries et autonomie à la charge retenue.
- Raccordement : prises et cordons compatibles avec les équipements et l’installation suisse ; identification des sorties réellement secourues par batterie.
- Communication : liaison USB ou gestion réseau prise en charge par le NAS et le système des serveurs.
- Exploitation : espace disponible, ventilation, bruit et accessibilité pour la maintenance.
- Options : carte réseau, logiciel d’arrêt ou extension de batteries, avec leurs éventuelles licences et conditions de support.
Pour un NAS Synology, consultez la liste de compatibilité des onduleurs en sélectionnant votre NAS et la référence envisagée. Ne concluez pas à la compatibilité à partir du seul nom de la marque. Pour un serveur, faites aussi confirmer le support de son système ou de son hyperviseur, qui héberge les machines virtuelles.
Distinguez la liaison d’alimentation de la liaison de commande : un câble USB de supervision ne fournit pas l’énergie nécessaire au NAS. Évitez également d’ajouter une imprimante laser aux sorties sur batterie d’un petit onduleur informatique : ses appels de puissance peuvent perturber le dimensionnement, comme le rappelle le guide Eaton cité plus haut.
Configurer l’arrêt du NAS et des serveurs
Sur un NAS Synology : vérifier le mode de mise en sécurité
Dans DSM, la rubrique UPS se trouve dans Panneau de configuration > Matériel et alimentation. La documentation officielle Synology sur les onduleurs décrit les connexions USB, SNMP et serveur UPS réseau. Les choix disponibles dépendent de votre configuration ; utilisez l’aide correspondant à votre version de DSM.
Le mode veille UPS a un sens précis : DSM arrête les services et démonte les volumes afin de préparer le système à la perte d’alimentation. Il ne faut pas le confondre avec la simple hibernation des disques. Vérifiez que l’onduleur est reconnu, définissez le déclenchement avant épuisement de la batterie et contrôlez le comportement au retour du courant.
L’arrêt de l’onduleur lui-même par DSM et le redémarrage automatique du NAS sont des réglages distincts, dont le fonctionnement dépend du matériel et des options prises en charge. Ne les activez pas par habitude : un onduleur partagé pourrait alimenter d’autres équipements encore nécessaires.
Sur un serveur : respecter les dépendances des applications
Un serveur qui héberge une application ou plusieurs machines virtuelles demande un scénario propre à cet environnement. Le guide de gestion d’énergie Eaton souligne l’importance de la gestion logicielle de l’alimentation et de son intégration à la virtualisation. La présence d’un onduleur ne prouve pas que chaque machine virtuelle recevra une commande d’arrêt.
Faites documenter l’ordre retenu : fermeture des services applicatifs, arrêt des machines virtuelles, arrêt de l’hôte, puis du stockage externe lorsque c’est pertinent. L’ordre exact dépend de l’architecture. Si une machine virtuelle utilise des disques situés sur un NAS, arrêter ce NAS en premier peut lui retirer son stockage pendant qu’elle fonctionne encore.
Préparez aussi la reprise : quels équipements doivent être opérationnels avant le démarrage du logiciel métier ? Qui décide que les utilisateurs peuvent se reconnecter ? Consignez ces choix dans votre plan de reprise informatique.
Tester la coupure et le retour à la normale
Un autotest de batterie ne valide pas à lui seul les commandes d’arrêt, les délais et la reprise d’une application. Organisez un exercice annoncé dans une plage de maintenance, avec des sauvegardes vérifiées et une possibilité de retour à la normale. Le prestataire doit choisir une méthode de simulation adaptée aux consignes du fabricant ; ne provoquez pas une coupure du bâtiment pour improviser ce contrôle.
Voici une trame de réception à adapter au site :
- Préparer : noter les branchements, la charge, l’état de batterie, les réglages et les personnes à prévenir.
- Déclencher l’essai maîtrisé : vérifier que le passage sur batterie est détecté par l’équipement et que l’alerte atteint son destinataire.
- Observer l’arrêt : relever les heures des commandes et la fin des opérations, avec la réserve restante.
- Vérifier la remise en service : contrôler les volumes, les partages, les services et les éventuelles erreurs dans les journaux.
- Valider le travail réel : ouvrir un document de test, exécuter une tâche représentative du logiciel métier et vérifier la reprise des sauvegardes.
- Conclure : consigner le résultat, les écarts, le responsable des corrections et la prochaine vérification.
La réussite se juge sur le parcours complet. Un voyant vert ou un NAS de nouveau joignable ne suffit pas si le service utilisé par l’équipe reste indisponible.
Organiser le suivi et le budget
Attribuez le traitement des alertes à une personne identifiée. Tenez à jour la date de mise en service, les événements de batterie, les changements de charge et les comptes rendus d’exercice. La gestion du parc informatique doit inclure cet équipement et ses accessoires.
Les batteries demandent un suivi et un remplacement adapté au modèle. Les instructions de remplacement Eaton distinguent notamment différentes offres et procédures : une opération possible sur une gamme ne l’est pas automatiquement sur toutes les autres. Faites préciser les conditions d’intervention et le maintien éventuel du service, sans supposer qu’un remplacement à chaud est toujours possible.
Pour comparer des devis à Genève, demandez un chiffrage en CHF distinguant le matériel, les accessoires, les licences éventuelles, la configuration, le test et le suivi. Le devis doit préciser s’il est HT ou TTC. Un montant portant uniquement sur le boîtier ne décrit pas le coût d’une protection opérationnelle.
La checklist avant de valider l’installation
- Les équipements protégés et leurs dépendances sont identifiés.
- Les limites en W et en VA sont respectées avec une réserve adaptée.
- L’autonomie est vérifiée pour la charge et la batterie retenues.
- Le NAS ou le serveur reçoit effectivement l’information de coupure.
- Les services s’arrêtent dans un ordre documenté avant la perte d’alimentation.
- Le retour du courant et la reprise du travail ont été contrôlés.
- Les alertes, la maintenance et les sauvegardes ont des responsables désignés.
Faire vérifier la protection électrique de votre informatique à Genève
Vous disposez déjà d’un onduleur, mais ne savez pas ce qui se passerait lors d’une coupure prolongée ? Pixel’IT peut examiner les équipements, les dépendances et les réglages dans le cadre de votre infogérance informatique. Contactez notre équipe à Genève pour définir un périmètre de contrôle et un exercice adaptés à votre activité.
Documentation consultée le 21 octobre 2026. Les réglages et fonctions doivent être vérifiés pour les références matérielles, les versions logicielles et les licences de votre installation. Les exemples chiffrés de cet article sont fictifs.